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Impôt sur les successions en Suisse : le guide des familles

Pas d’impôt fédéral sur les successions en Suisse : les cantons le prélèvent, le conjoint est exonéré partout, les enfants presque partout. Vote de 2025.

Dernière vérification le

Un chalet suisse traditionnel dans un alpage
Iseltwald, Oberland bernois

La Suisse ne connaît pas d’impôt fédéral sur les successions ni sur les donations. Chaque canton décide s’il impose les successions et les donations, et comment. Les règles sont généreuses pour la famille proche : le conjoint survivant ou le partenaire enregistré est exonéré dans tous les cantons, et les enfants le sont dans la plupart. Les écarts entre cantons comptent surtout pour les donations et successions en faveur des enfants dans une poignée de cantons, et pour toute autre personne que vous souhaitez avantager.

Points clés (septembre 2026)

  • Pas d’impôt fédéral sur les successions ni sur les donations ; uniquement des impôts cantonaux.
  • Conjoint survivant / partenaire enregistré : exonéré dans tous les cantons.
  • Descendants directs : exonérés dans la plupart des cantons ; exceptions : AI, VD et NE, et à LU les communes peuvent les imposer.
  • Schwytz et Obwald ne prélèvent ni impôt sur les successions ni impôt sur les donations.
  • Genève : l’exonération du conjoint et des descendants tombe si le défunt ou le donateur était imposé d’après la dépense lors de l’une des trois dernières taxations définitives.
  • La fortune mobilière est imposée au dernier domicile ; les immeubles au lieu de situation.
  • L'initiative fédérale de la JUSO (50 % au-delà de CHF 50 millions) a été rejetée le 30 novembre 2025 (78,3 % de non).

Comment fonctionne l’impôt sur les successions en Suisse

Les impôts sur les successions et les donations sont purement cantonaux. La Confédération n’en prélève pas, et chaque canton fixe ses propres exonérations, taux et règles. Pour la famille la plus proche, le tableau est rassurant : le conjoint est exonéré partout et, dans la plupart des cantons, les enfants aussi.

Deux règles déterminent quel canton impose :

  • La fortune mobilière (comptes bancaires, titres, œuvres d’art, participations dans des sociétés) est imposée dans le canton du dernier domicile du défunt.
  • Les immeubles sont imposés dans le canton où ils se trouvent.

Une famille domiciliée à Genève avec un chalet en Valais verrait ainsi le chalet imposé selon les règles valaisannes et le reste selon les règles genevoises. Le choix du canton de résidence détermine donc ce que vos héritiers auront à payer sur l’essentiel de votre patrimoine.

Conjoint et enfants : les différences cantonales

La vue d’ensemble des impôts suisses publiée par l’AFC (état au 1er janvier 2026) montre où les principales exonérations diffèrent.

CantonConjoint survivantDescendants directsDonations
La plupart des cantonsExonéréExonérésRègles variables selon le canton
Appenzell Rhodes-Intérieures (AI)ExonéréImposés, avec une déduction de CHF 300 000—
Vaud (VD)ExonéréCHF 1 million exonéré, puis une déduction dégressive jusqu’à CHF 2 millions—
Neuchâtel (NE)ExonéréImposés, avec une déduction de CHF 50 000—
Lucerne (LU)ExonéréSeules les communes peuvent imposer les descendants (limite d’exonération de CHF 100 000)Pas d’impôt sur les donations, mais les donations faites dans les 5 ans précédant le décès sont réintégrées
Schwytz (SZ), Obwald (OW)Pas d’impôt sur les successionsPas d’impôt sur les successionsPas d’impôt sur les donations
Valais (VS)Exonéré ; le partenaire de vie (5 ans de vie commune ou enfants communs) l’est aussiExonérés—
Genève (GE)Exonéré, sauf si le défunt ou le donateur était imposé d’après la dépense (voir ci-dessous)Même exceptionMême exception

Les taux applicables aux autres héritiers, comme les frères et sœurs, les neveux et nièces, le partenaire non marié ou les personnes sans lien de parenté, varient d’un canton à l’autre et ne sont pas traités ici. Si vous souhaitez avantager des personnes hors de votre famille proche, par exemple un partenaire avec qui vous n’êtes pas marié, des filleuls ou une fondation, mieux vaut vérifier tôt les règles de votre canton et de tout canton où vous détenez un bien immobilier. La réponse peut même orienter le choix du canton.

L’exception genevoise liée au forfait fiscal

Genève applique une règle qui concerne particulièrement les familles internationales. L’exonération habituelle du conjoint et des descendants directs ne s’applique pas si le défunt ou le donateur était imposé d’après la dépense (forfait fiscal) lors de l’une des trois dernières taxations définitives précédant le décès ou la donation.

Concrètement, une famille imposée au forfait à Genève a tout intérêt à examiner attentivement sa planification successorale. C’est l’un des éléments à peser lorsque l’on compare Genève et Vaud, ou plus largement lors du choix d’un canton. Le fonctionnement du forfait lui-même est expliqué dans le forfait fiscal suisse.

Les donations de son vivant

Les donations suivent la même logique cantonale que les successions, avec quelques particularités :

  • Schwytz et Obwald ne prélèvent aucun impôt sur les donations.
  • Lucerne ne prélève pas d’impôt sur les donations, mais les donations faites dans les cinq ans précédant le décès sont réintégrées dans la succession.
  • L’exception genevoise liée au forfait vaut aussi pour les donations : elle porte sur les trois dernières taxations définitives du donateur avant la donation.

L’impôt sur la fortune des contribuables au forfait

L’impôt sur les successions n’est pas le seul impôt cantonal sur le patrimoine. Avec le forfait fiscal, chaque canton décide comment l’impôt sur la fortune est couvert. Genève ajoute une majoration de 10 % à la base en lieu et place de l’impôt sur la fortune ; Vaud inclut une majoration de 15 % dans son minimum de CHF 415 000 ; de nombreux cantons alémaniques, comme Zoug, Schwytz et Lucerne, fixent la fortune imposable à au moins 20 fois la base. Voir le forfait fiscal par canton.

La votation de 2025 sur un impôt fédéral sur les successions

En 2025, le peuple suisse s’est prononcé sur l’initiative de la Jeunesse socialiste (JUSO), qui proposait un impôt fédéral de 50 % sur les successions et donations au-delà de CHF 50 millions. Elle a été rejetée le 30 novembre 2025 par 78,3 % de non, selon le Département fédéral des finances.

Pour les familles qui envisagent de s’installer en Suisse, la conclusion pratique est simple : le système reste cantonal, et l’impôt fédéral de 50 % proposé par l’initiative ne verra pas le jour.

Votre pays d’origine peut continuer à vous imposer

S’installer en Suisse ne met pas toujours fin à l’emprise de l’impôt sur les successions de votre pays actuel.

  • Royaume-Uni. L’Inheritance Tax britannique repose désormais sur la résidence. Est considérée comme « résidente de longue durée » toute personne résidente au Royaume-Uni pendant au moins 10 des 20 dernières années fiscales. Après le départ, cette « traîne » de l’IHT dure de 3 à 10 ans selon la durée de résidence : 10 à 13 ans de résidence donnent une traîne de 3 ans, qui augmente d’un an par année supplémentaire, jusqu’à 10 ans. Voir quitter le Royaume-Uni après la fin du statut non-dom.
  • États-Unis. Les citoyens américains restent imposés par les États-Unis où qu’ils vivent. Toute exposition à l’impôt américain sur les successions ou les donations doit être examinée avec un conseiller américain et coordonnée avec les règles cantonales suisses.
  • Autres pays. Les règles de résidence, de domicile et de nationalité diffèrent. Il est utile de vérifier, avant le départ, combien de temps votre pays d’origine continue de vous considérer comme relevant de son champ d’application.

Les autres impôts à garder à l’esprit

  • L’impôt sur la fortune est uniquement cantonal, prélevé sur la fortune nette, et le plus souvent progressif. Lucerne, Uri, Schwytz, Obwald, Nidwald, Glaris, Appenzell Rhodes-Intérieures, Saint-Gall et Thurgovie appliquent des taux proportionnels.
  • Les gains en capital sur la fortune mobilière privée, comme les titres ou les œuvres d’art, sont exonérés aux niveaux fédéral et cantonal. Les gains immobiliers sont soumis à un impôt cantonal distinct.

Comment nous vous aidons

Nous aidons les familles à comprendre comment leur canton traitera les successions et les donations, signalons les questions transfrontalières avec leur pays d’origine et tenons le tableau à jour au fil de l’évolution de la famille et du patrimoine. Découvrez notre accompagnement fiscal et patrimonial ou contactez-nous.

Ce guide est une information générale à jour au 30 septembre 2026 ; votre situation personnelle nécessite un ruling ou un conseil personnalisé.

Sources officielles

  1. AFC : les impôts en vigueur de la Confédération, des cantons et des communes (état au 1er janvier 2026), §3.1.6
  2. DFF : votation sur l'initiative de la JUSO (30 novembre 2025)
  3. AFC : fiches cantonales (février 2026)
  4. gov.uk : Inheritance Tax pour les résidents britanniques de longue durée
  5. irs.gov : informations FATCA pour les particuliers

Questions fréquentes

La Suisse a-t-elle un impôt sur les successions ?

Il n’existe pas d’impôt fédéral sur les successions ni sur les donations. Chaque canton prélève les siens. Le conjoint survivant et le partenaire enregistré sont exonérés dans tous les cantons, et les descendants directs dans la plupart.

Quels cantons imposent les enfants sur une succession ?

Selon l’AFC (état au 1er janvier 2026) : Appenzell Rhodes-Intérieures (déduction de CHF 300 000), Vaud (CHF 1 million exonéré, puis une déduction dégressive jusqu’à CHF 2 millions) et Neuchâtel (déduction de CHF 50 000). À Lucerne, seules les communes peuvent imposer les descendants, avec une limite d’exonération de CHF 100 000.

Quels cantons ne connaissent ni impôt sur les successions ni impôt sur les donations ?

Schwytz et Obwald ne prélèvent ni impôt sur les successions ni impôt sur les donations. Lucerne ne prélève pas d’impôt sur les donations, mais les donations faites dans les cinq ans précédant le décès sont réintégrées dans la succession.

Un impôt fédéral sur les successions a-t-il été introduit en 2025 ?

Non. L’initiative de la Jeunesse socialiste (JUSO) pour un impôt fédéral de 50 % sur les successions et donations au-delà de CHF 50 millions a été rejetée par le peuple le 30 novembre 2025, par 78,3 % de non.

Le forfait fiscal a-t-il une incidence sur l’impôt sur les successions ?

À Genève, oui. L’exonération du conjoint et des descendants ne s’applique pas si le défunt ou le donateur était imposé d’après la dépense lors de l’une des trois dernières taxations définitives précédant le décès ou la donation.

Quel canton impose une succession ?

La fortune mobilière est imposée dans le canton du dernier domicile du défunt. Les immeubles sont imposés dans le canton où ils se trouvent.

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