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Quelle fortune faut-il pour s’installer en Suisse ?

Combien faut-il pour vivre en Suisse ? Tout dépend de votre voie : citoyens UE, retraités hors UE, intérêts fiscaux. Pas de golden visa, pas de prix fixe.

Dernière vérification le

Lausanne à l’heure dorée
Lausanne, Vaud

Aucun montant de fortune ne donne, à lui seul, le droit de vivre en Suisse. Les citoyens de l’UE et de l’AELE, ainsi que les retraités hors UE de 55 ans et plus, doivent disposer de « moyens financiers suffisants » : de quoi vivre sans aide sociale ni prestations complémentaires, sans aucun investissement exigé. Les autres ressortissants hors UE qui ne travaillent pas en Suisse passent surtout par la voie des intérêts fiscaux, où le canton regarde l’impôt que vous paierez ; Genève et Zurich publient leurs attentes, la plupart des cantons non.

L’essentiel (état : septembre 2026)

  • Pas de golden visa : le droit suisse ne prévoit aucun permis fondé sur un montant d’investissement.
  • UE/AELE sans activité lucrative : moyens suffisants + assurance maladie et accidents complète ; pas de contingents, pas d’investissement.
  • Retraités hors UE (55 ans et plus) : moyens supérieurs au niveau des prestations complémentaires, disponibles durablement à vie, et attaches particulières avec la Suisse.
  • Voie des intérêts fiscaux : Genève publie une base de dépenses de CHF 750 000 pour les ressortissants d’États tiers ; Zurich attend un impôt annuel d’environ CHF 1 million, avec des liens étroits avec le canton et l’installation de toute la famille.
  • CHF 435 000 (2026) est la base minimale fédérale du forfait fiscal, pas une exigence de fortune ni un impôt à payer.
  • Être propriétaire en Suisse ne donne aucun droit à un permis de séjour.

La réponse courte, selon votre voie

Votre situationVoieExigence financière
Citoyen UE/AELE, sans activité lucrativeLibre circulation (sans activité lucrative)Moyens suffisants + assurance maladie et accidents
Hors UE, 55 ans et plus, attaches particulières avec la SuisseRetraité (art. 28 LEI)Moyens supérieurs au niveau des prestations complémentaires, assurés à vie
Hors UE, sans activité lucrative, tout âgeIntérêts fiscaux importants (art. 30 al. 1 let. b LEI)Une contribution fiscale significative, appréciée par le canton
Toute personne imposée d’après la dépenseRégime fiscal, pas un permisImpôt sur une base d’au moins CHF 435 000 au niveau fédéral, plus les minimums cantonaux

La suite de ce guide explique ce que chaque ligne signifie en pratique, et pourquoi un chiffre lu en ligne peut ne pas vous concerner.

Citoyens UE et AELE : moyens suffisants, aucun investissement

Si vous avez un passeport de l’UE ou de l’AELE et ne prévoyez pas de travailler en Suisse, le critère est simple dans son principe. Il vous faut des moyens financiers suffisants et une assurance maladie et accidents couvrant tous les risques (art. 24 al. 1 annexe I ALCP). Il n’y a ni contingents ni montant d’investissement.

« Suffisants » a un sens précis (directives OLCP du SEM, §6.2.3) :

  • vos moyens doivent dépasser le niveau à partir duquel un Suisse pourrait prétendre à l’aide sociale, selon les normes CSIAS ;
  • pour les retraités, ils doivent dépasser le seuil qui donnerait droit aux prestations complémentaires.

Le permis est normalement valable cinq ans et peut être retiré si les moyens ou l’assurance viennent à manquer. La question n’est donc pas de savoir si vous êtes riche, mais si vos revenus et votre fortune couvrent durablement votre vie ici. Notre guide sur le permis B sans activité lucrative passe en revue les justificatifs demandés par les cantons.

Retraités hors UE : des moyens à vie et de vraies attaches

Les ressortissants hors UE, y compris les Britanniques arrivés depuis 2021, peuvent prendre leur retraite en Suisse selon l’art. 28 LEI s’ils ont au moins 55 ans, des attaches personnelles particulières avec la Suisse, n’exercent plus d’activité lucrative nulle part et disposent de moyens suffisants (directives LEI du SEM, §5.3).

Le critère financier est le même que pour les retraités UE, au-dessus du niveau des prestations complémentaires, avec une exigence de plus : les moyens doivent être disponibles durablement, à vie. Une grande fortune ne remplace pas la condition des attaches, et être propriétaire ou avoir des liens d’affaires en Suisse ne constitue pas, à lui seul, une attache. Le canton décide selon son pouvoir d’appréciation et le SEM doit approuver. Voir la retraite en Suisse.

La voie des intérêts fiscaux : ce qu’attendent les cantons

Les ressortissants hors UE de moins de 55 ans, ou sans attaches particulières, se tournent généralement vers le permis fondé sur des intérêts fiscaux importants du canton (art. 30 al. 1 let. b LEI ; art. 32 OASA). Vous transférez votre centre de vie en Suisse, y passez l’essentiel de votre temps et n’y travaillez pas (une activité à l’étranger reste possible).

Le chiffre pertinent n’est alors pas votre fortune, mais l’impôt que le canton s’attend à percevoir. Seuls quelques cantons publient leurs attentes :

CantonAttente publiéeSource
Genève« Intérêt fiscal majeur » à une base de dépenses de CHF 750 000 pour les ressortissants d’États tiersPDF de calcul du canton de Genève (exemples sur les barèmes 2021)
ZurichUn impôt annuel d'environ CHF 1 million, confirmé par l’administration fiscale, plus des liens étroits avec le canton et le déménagement de toute la familleDirective de l’office des migrations de Zurich, 19 novembre 2021, §8.1
VaudAucun montant publié ; l’accord de forfait signé avec l’administration cantonale des impôts est un document exigévd.ch
UriAucun chiffre ; pour les ressortissants d’États tiers, la base est « nettement plus élevée » que le minimum ordinaireNotice d’Uri sur le forfait, 2026

Lisez ces chiffres comme des attentes, pas des prix. Le permis relève d’une disposition potestative avec un large pouvoir d’appréciation : le canton pèse son intérêt fiscal, le SEM doit approuver chaque dossier (art. 5 let. e OA-DFJP), et un permis peut être refusé même si les chiffres sont atteints. Les autres cantons statuent au cas par cas ; nous n’avons pas trouvé de chiffres publiés sur leurs sites officiels, donc prudence avec les montants cités en ligne. Plus de détails dans résider en Suisse sans activité lucrative hors UE.

Les minimums du forfait sont des bases, pas des exigences de fortune

Le chiffre le plus souvent mal cité est CHF 435 000. C’est la base minimale fédérale de l’imposition d’après la dépense pour 2026 (art. 14 al. 3 let. a LIFD) : le montant sur lequel l’impôt fédéral est calculé, pas l’impôt à payer ni un seuil de fortune. Les cantons fixent leurs propres bases minimales, par exemple CHF 426 357 à Genève pour 2026, CHF 415 000 dans le canton de Vaud, CHF 250 000 en Valais et CHF 500 000 à Zoug.

La base effective est la plus élevée de ces valeurs : vos dépenses annuelles dans le monde, le minimum, sept fois le loyer annuel ou la valeur locative, et un calcul de contrôle portant sur certains revenus de source suisse. Le forfait est un régime fiscal, pas un permis : les citoyens UE peuvent le combiner avec leur permis de libre circulation, et pour les ressortissants hors UE, il fait souvent partie d’une demande fondée sur l’intérêt fiscal (dans le canton de Vaud, l’accord de forfait signé est un document exigé). Voir le forfait fiscal par canton pour le tableau complet.

Et le golden visa ou une voie d’investissement ?

La Suisse n’a pas de golden visa. Ni la LEI ni son ordonnance ne prévoient un motif d’admission fondé sur un montant d’investissement, et les chiffres de « CHF 250 000 » ou « CHF 1 million » qui circulent en ligne ne figurent pas dans le droit fédéral. Acheter un bien immobilier ne donne aucun droit à un permis de séjour. Les indépendants hors UE peuvent déposer une demande selon l’art. 19 LEI, mais cette voie porte sur l’utilité économique de l’activité, et il n’existe pas non plus d’investissement minimum légal. Notre guide sur le golden visa développe ce point.

Les charges courantes à prévoir

Au-delà du critère du permis, quelques charges récurrentes sont fixées par la loi et méritent d’être budgétées :

  • L’assurance maladie est obligatoire pour chaque résident, dans les trois mois suivant l’annonce à la commune.
  • Les cotisations AVS des personnes sans activité lucrative : de CHF 530 à CHF 26 500 par an en 2026, calculées sur la fortune plus 20 fois le revenu annuel sous forme de rente, jusqu’à 65 ans.
  • L’impôt sur la fortune de votre canton, en imposition ordinaire ou selon la méthode cantonale du forfait ; voir l’impôt sur la fortune en Suisse par canton.

Comment nous vous aidons

Nous partons de votre nationalité, de votre âge, de vos attaches et de vos sources de revenus, identifions la voie qui vous correspond vraiment et vous disons franchement ce que chaque canton est susceptible d’attendre. Notre test d’éligibilité est le moyen le plus rapide de faire le point.

Ce guide est une information générale à jour au 30 septembre 2026 ; votre situation personnelle nécessite un ruling ou un conseil personnalisé.

Sources officielles

  1. SEM — Directives OLCP (janvier 2026), §6.2 (UE/AELE sans activité lucrative)
  2. SEM — Directives LEI (état au 15 juin 2026), §5.3 et §5.5
  3. Fedlex — Loi fédérale sur les étrangers et l'intégration (LEI)
  4. Fedlex — OA-DFJP art. 5 (approbation du SEM)
  5. Canton de Genève — Calcul des impôts suisses pour les ressortissants de pays tiers (PDF)
  6. Canton de Zurich — Directive de l'office des migrations sur le séjour sans activité lucrative (19 novembre 2021), §8.1
  7. Canton de Vaud — Séjour en raison d'intérêts publics majeurs
  8. Fedlex — LIFD art. 14 (imposition d'après la dépense)
  9. AFC — Circulaire 2-215-D-2025 (indexation 2026)
  10. OFJ — Acquisition d'immeubles par des personnes à l'étranger
  11. AVS/AI — Mémento 2.03, cotisations des personnes sans activité lucrative (1er janvier 2026)

Questions fréquentes

Existe-t-il un montant minimum de fortune pour s’installer en Suisse ?

Aucun montant unique ne figure dans le droit fédéral. Les citoyens UE/AELE et les retraités hors UE doivent prouver des moyens financiers suffisants ; la voie des intérêts fiscaux pour les autres ressortissants hors UE dépend de l’impôt attendu par le canton, et seuls quelques cantons publient un chiffre.

De combien un citoyen UE a-t-il besoin pour vivre en Suisse sans travailler ?

De quoi ne pas dépendre de l’aide sociale, selon les normes CSIAS ; pour les retraités, les moyens doivent dépasser le niveau qui donnerait droit aux prestations complémentaires. Une assurance maladie et accidents couvrant tous les risques est aussi exigée. Aucun investissement n’est requis.

Combien faut-il à un ressortissant hors UE pour le permis fondé sur l’intérêt fiscal ?

Cela dépend du canton. Genève publie une base de dépenses de CHF 750 000 pour les ressortissants d’États tiers. Zurich considère suffisant un impôt annuel d’environ CHF 1 million, confirmé par son administration fiscale, avec des liens étroits avec le canton et l’installation de toute la famille. Ce sont des attentes, pas des prix, et l’approbation du SEM reste nécessaire.

Les CHF 435 000 du forfait fiscal sont-ils une exigence de fortune ?

Non. CHF 435 000 est la base minimale fédérale de l’imposition d’après la dépense pour 2026, c’est-à-dire le montant sur lequel l’impôt est calculé. Ce n’est ni un impôt à payer, ni une exigence de fortune ou d’investissement.

La Suisse a-t-elle un golden visa ?

Non. Le droit suisse ne prévoit aucun permis de séjour fondé sur un montant d’investissement, et l’achat d’un bien immobilier ne donne aucun droit de vivre en Suisse.

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