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S’installer en Suisse depuis Singapour, Hong Kong ou l’Inde

Familles de Singapour, Hong Kong, Chine continentale et Inde : permis suisses hors UE, forfait fiscal, famille, permis C et règles immobilières (2026).

Dernière vérification le

Les rives de Zoug au coucher du soleil
Zoug, au bord du lac

Les familles de Singapour, de Hong Kong, de Chine continentale et d’Inde s’installent en Suisse selon les règles suisses applicables aux ressortissants hors UE. Si personne dans la famille ne travaillera ici, les deux voies habituelles sont un permis fondé sur des intérêts fiscaux cantonaux importants, le plus souvent combiné au forfait fiscal, et un permis pour rentiers dès 55 ans pour les personnes ayant des attaches réelles avec la Suisse. Dans les deux cas, le canton décide et l’approbation fédérale est nécessaire : la préparation et un dossier bien documenté pèsent donc lourd.

L’essentiel (septembre 2026)

SujetCe qui s’applique
Voies sans activité lucrativeIntérêt fiscal (art. 30 LEI, art. 32 OASA) ou rentier dès 55 ans (art. 28 LEI)
ApprobationLe canton décide ; approbation du SEM obligatoire
Forfait fiscal suisseBase minimale fédérale de CHF 435 000 (2026) ; pas disponible à Zurich
FamilleLe conjoint et les enfants célibataires de moins de 18 ans peuvent rejoindre un titulaire de permis B
Permis CAprès 10 ans (dont les 5 derniers avec un permis B), ou dès 5 ans en cas de bonne intégration
ImmobilierAucun droit à un permis ; les titulaires d’un permis B peuvent actuellement acheter une résidence principale

Un même cadre, quatre points de départ très différents

Une famille qui quitte Singapour, une autre qui quitte Hong Kong et une troisième qui part de Mumbai ou de Shanghai ne se posent pas les mêmes questions dans leur pays : résidence fiscale, règles de sortie, mode de détention des actifs, facilité à transférer des fonds. Nous n’avons pas vérifié ces règles nationales sur des sources officielles ; ce guide ne les traite donc pas. Demandez à votre conseiller sur place de les cartographier avant de figer le volet suisse.

En Suisse, la situation est la même pour les quatre : vous êtes ressortissants d’États tiers, et la voie suisse dépend de ce que vous comptez faire ici. Si un membre de la famille doit être salarié ou diriger une entreprise en Suisse, d’autres permis s’appliquent, qui sortent du cadre de ce guide. Les voies ci-dessous concernent les familles qui vivront ici sans travailler.

La voie de l’intérêt fiscal

Beaucoup de familles asiatiques qui ne sont pas encore à la retraite examinent d’abord cette voie. Un canton peut délivrer une autorisation de séjour lorsqu’il y voit des intérêts fiscaux cantonaux importants. En contrepartie :

  • votre centre de vie est transféré en Suisse, et vous y passez la majeure partie de votre temps ;
  • vous pouvez continuer à travailler uniquement à l’étranger, hormis la gestion de votre propre fortune ;
  • le canton dispose d’une large marge d’appréciation, et le SEM doit donner son approbation.

Les chiffres publiés sont rares. Genève indique que l’intérêt fiscal majeur pour les ressortissants d’États tiers correspond à une base de dépenses de CHF 750 000. Vaud exige un accord de forfait signé avec l’administration cantonale des impôts dans le dossier de permis. Zurich, qui n’a pas de forfait, évoque un impôt annuel d’environ CHF 1 million, confirmé par l’administration fiscale. Les autres cantons fixent leurs attentes au cas par cas.

Le Tribunal administratif fédéral a confirmé que l’intérêt fiscal est mis en balance avec des considérations plus larges, dont la réputation de la Suisse. Une présentation claire de l’origine de votre fortune facilite cette pesée. Notre guide sur la résidence des ressortissants hors UE financièrement indépendants détaille le dossier.

La voie des rentiers

Dès 55 ans, un ressortissant hors UE peut demander à vivre en Suisse en tant que rentier si toutes ces conditions sont remplies :

  • des attaches personnelles étroites avec la Suisse, comme des séjours antérieurs longs ou répétés, des proches parents ici ou une ascendance suisse, et des liens avec la Suisse elle-même plutôt qu’avec les seuls membres de la famille ;
  • des moyens suffisants, supérieurs au seuil suisse des prestations complémentaires et durablement disponibles pour le reste de votre vie ;
  • aucune activité lucrative, en Suisse ou à l’étranger, hormis la gestion de votre propre fortune.

Être propriétaire ou avoir des liens d’affaires ne suffit pas à démontrer des attaches. Pour de nombreuses familles asiatiques sans histoire suisse, la voie de l’intérêt fiscal est donc la plus réaliste.

Le forfait fiscal en bref

Le forfait fiscal (imposition d’après la dépense, Pauschalbesteuerung en allemand) vous impose sur votre train de vie annuel mondial plutôt que sur vos revenus et votre fortune. Il est ouvert aux ressortissants étrangers qui prennent pour la première fois leur résidence fiscale en Suisse, ou après dix ans d’absence, et qui n’y exercent pas d’activité lucrative. Les deux conjoints doivent remplir les conditions.

La base atteint au moins CHF 435 000 pour l’impôt fédéral en 2026, au moins sept fois le loyer ou la valeur locative de votre logement, et au moins le minimum cantonal, qui va de CHF 200 000 dans le Jura à CHF 647 100 à Lucerne. Zurich, Schaffhouse, Appenzell Rhodes-Extérieures et Bâle-Ville l’ont aboli, et Bâle-Campagne ne l’admet que pour l’année fiscale d’arrivée. Tout revenu pour lequel vous demandez les avantages d’une convention entre dans un calcul de contrôle : mieux vaut donc savoir tôt de quels pays proviennent vos revenus.

Faire venir sa famille

Le conjoint et les enfants célibataires de moins de 18 ans d’un titulaire de permis B peuvent obtenir un permis si :

  • la famille vit en ménage commun, dans un logement approprié ;
  • la famille ne dépend ni de l’aide sociale ni des prestations complémentaires ;
  • le conjoint parle la langue locale ou l’apprend (l’inscription à un cours suffit dans un premier temps ; les enfants de moins de 18 ans en sont dispensés).

À l’arrivée, chaque membre de la famille s’annonce à la commune dans les 14 jours suivant l’entrée et conclut une assurance maladie suisse dans les trois mois qui suivent l’annonce. Si vous respectez ce délai, la couverture remonte à la date de l’annonce. Notre service d’installation prend en charge ces étapes avec vous, et notre guide des écoles internationales en Suisse est un bon point de départ pour la scolarité.

Voir à long terme

Le permis B est renouvelé tant que les conditions sont remplies. Le permis C (autorisation d’établissement) s’obtient après dix ans en Suisse, dont les cinq derniers sans interruption avec un permis B, moyennant une bonne intégration. Un permis C anticipé après cinq ans est possible si vous êtes bien intégré et communiquez bien dans la langue nationale parlée sur place. Apprendre la langue est doublement utile : cela facilite la vie quotidienne et peut raccourcir le chemin vers l’établissement.

Les résidents sans activité lucrative versent aussi des cotisations AVS jusqu’à 65 ans, calculées sur la fortune et le revenu sous forme de rente : entre CHF 530 et CHF 26 500 par an en 2026.

Acheter un bien immobilier

Tant que vous n’habitez pas ici, vous êtes une personne à l’étranger au sens de la Lex Koller et ne pouvez pas acheter librement un logement. Dès que vous êtes titulaire d’un permis B et effectivement domicilié en Suisse, le droit actuel vous permet d’acheter une résidence principale sans autorisation. Une consultation ouverte le 15 avril 2026 propose que les ressortissants d’États tiers aient besoin d’une autorisation même pour une résidence principale et doivent vendre dans les deux ans suivant leur départ. Il s’agit d’un projet, pas du droit en vigueur, mais il vaut la peine d’en tenir compte dans le calendrier. Le permis C vous place entièrement hors du champ de la Lex Koller.

Les pièges fréquents

  • S’attendre à une voie par l’investissement. La Suisse n’accorde aucun permis contre l’achat d’un bien ou l’investissement d’un montant fixe.
  • Compter sur l’immobilier comme « attache ». Il ne compte pas pour la voie des rentiers.
  • Garder une fonction en Suisse. Toute activité en Suisse, y compris un mandat d’administrateur rémunéré, exclut le forfait.
  • Traiter les règles du pays d’origine en dernier. Les questions de sortie et de résidence fiscale dans votre pays peuvent dicter le calendrier.

Comment nous vous aidons

Nous aidons les familles venues d’Asie à choisir un canton, à préparer la proposition de forfait et le dossier de permis, à suivre le dossier jusqu’à l’approbation du SEM, puis à organiser l’arrivée, l’école et les assurances. Consultez notre page Asie ou commencez par le test d’éligibilité.

Ce guide constitue une information générale à jour au 30 septembre 2026 et ne remplace pas un conseil fiscal ou juridique ; votre situation nécessite un ruling cantonal et un conseil spécifique, y compris dans votre pays d’origine.

Sources officielles

  1. SEM — Directives LEI (état au 15 juin 2026)
  2. Fedlex — ordonnance du DFJP relative aux procédures d’approbation (approbation du SEM)
  3. Fedlex — art. 34 LEI (permis C)
  4. Fedlex — art. 44 LEI (regroupement familial)
  5. Canton de Genève — Calcul des impôts pour les ressortissants de pays tiers
  6. Fedlex — art. 14 LIFD (imposition d’après la dépense)
  7. AFC — Circulaire 44 (imposition d’après la dépense)
  8. Fedlex — art. 5 LFAIE (Lex Koller)
  9. OFJ — Acquisition d’immeubles par des personnes à l’étranger
  10. admin.ch — consultation sur la Lex Koller (15 avril 2026)
  11. Fedlex — art. 7 OAMal (délai d’affiliation à l’assurance maladie)
  12. AVS/AI — Mémento 2.03 Cotisations des personnes sans activité lucrative (2026)

Questions fréquentes

Comment une famille fortunée d’Asie peut-elle s’installer en Suisse sans travailler ?

Les ressortissants hors UE qui n’exerceront pas d’activité lucrative en Suisse demandent généralement soit un permis fondé sur des intérêts fiscaux cantonaux importants, le plus souvent combiné au forfait fiscal, soit, dès 55 ans et avec des attaches étroites avec la Suisse, un permis pour rentiers. Le canton décide et l’approbation du SEM est obligatoire.

Mon conjoint et mes enfants peuvent-ils m’accompagner ?

Le conjoint et les enfants célibataires de moins de 18 ans d’un titulaire de permis B peuvent obtenir un permis si la famille vit en ménage commun, dispose d’un logement approprié et ne dépend pas de l’aide sociale. Le conjoint est censé apprendre la langue locale ; l’inscription à un cours suffit dans un premier temps.

Quand un ressortissant hors UE peut-il obtenir le permis C ?

Après 10 ans au total avec une autorisation de séjour, dont les 5 dernières années sans interruption avec un permis B, et à condition d’être bien intégré. Un permis C anticipé après 5 ans est possible pour les personnes bien intégrées qui communiquent bien dans la langue locale.

Puis-je acheter un bien immobilier en Suisse avant de m’y installer ?

En général, pas pour un logement principal. Les ressortissants hors UE domiciliés à l’étranger sont soumis à la Lex Koller. Une fois installé en Suisse avec un permis B, vous pouvez actuellement acheter une résidence principale au lieu de votre domicile effectif sans autorisation, mais un projet de réforme de 2026 changerait cela.

Être propriétaire en Suisse donne-t-il droit à un permis de séjour ?

Non. La propriété d’un bien immobilier en Suisse ne donne aucun droit à un permis de séjour, et elle ne suffit pas à elle seule à établir les attaches étroites exigées pour le permis de rentier.

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