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S’installer en Suisse depuis l’Afrique : guide par étapes

S’installer en Suisse depuis l’Afrique, étape par étape : permis hors UE, visas selon la nationalité, conventions fiscales par pays et pièces à réunir.

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Le Léman, ses vignobles et les Alpes au loin
Les quais de Genève

S’installer en Suisse depuis l’Afrique obéit aux règles suisses applicables aux ressortissants hors UE, quel que soit votre passeport : marocain, ivoirien, sénégalais, égyptien, sud-africain, nigérian, kényan ou mauricien. C’est l’ordre des étapes qui compte le plus. On fixe d’abord la voie et la situation fiscale, on dépose la demande de permis depuis l’étranger, et l’on ne voyage qu’ensuite. Ce guide suit cette séquence, détaille les pièces à réunir et présente la situation conventionnelle pays par pays.

Points clés (octobre 2026)

SujetCe qui s’applique
Voies sans activité lucrativeIntérêt fiscal (art. 30 LEI, art. 32 OASA) ou rentier dès l’âge de 55 ans (art. 28 LEI)
Voie avec une entrepriseActivité indépendante (art. 19 LEI) ; un premier permis dure 2 ans au plus
ApprobationLe canton décide ; approbation du SEM obligatoire
VisaRequis pour la plupart des ressortissants africains, pour les courts comme les longs séjours (liste du SEM, 3 avril 2026)
Conventions fiscales9 États africains sur la liste du SFI (état au 1er janvier 2026)
Forfait fiscal suisseBase minimale fédérale de CHF 435 000 (2026)
FamilleDemande dans les 5 ans ; dans les 12 mois pour les enfants de plus de 12 ans

Quelle voie correspond à votre projet ?

Tout le reste découle d’une question : quelqu’un dans la famille travaillera-t-il en Suisse ?

  • Personne ne travaillera ici. Vous déposez votre demande soit par la voie de l’intérêt fiscal, où un canton peut accorder un permis en raison de l’impôt que vous paierez, soit, dès l’âge de 55 ans et avec des attaches personnelles particulières avec la Suisse, par la voie du rentier. Par la voie de l’intérêt fiscal, vous pouvez continuer à travailler à l’étranger et gérer votre propre fortune. Par la voie du rentier, vous ne pouvez plus travailler du tout, ni ici ni à l’étranger.
  • Vous dirigerez une entreprise ici. Vous passez par la voie de l’activité indépendante. Le canton et le SEM examinent l’intérêt économique pour la Suisse, le financement et le plan d’affaires : activités, marché, personnel, investissements et chiffre d’affaires attendu. La loi ne fixe ni investissement minimal ni nombre d’emplois, et la création d’une société ne donne à elle seule aucun droit de séjour. Un premier permis est limité à 2 ans au plus, et son renouvellement dépend de l’atteinte des objectifs du plan.

Ces voies se combinent mal. Le forfait fiscal, qui accompagne souvent la voie de l’intérêt fiscal, est fermé à quiconque travaille en Suisse. Nos guides sur le séjour des ressortissants hors UE financièrement indépendants et sur le permis indépendant pour ressortissants hors UE approfondissent chaque voie, et la page Afrique en donne la vue d’ensemble.

L’installation, étape par étape

Étape 1 : faire le point dans votre pays

Avant d’arrêter le volet suisse, posez trois questions à votre conseiller sur place : quand ma résidence fiscale prend-elle fin, qu’est-ce qui est imposé à mon départ, et comment les fonds peuvent-ils quitter le pays ?

Nous n’avons vérifié ces règles sur une source officielle que pour l’Afrique du Sud. L’administration fiscale sud-africaine (SARS) y indique qu’une aliénation réputée, soumise à l’impôt sur les gains en capital, porte sur votre fortune mondiale lorsque vous rompez la résidence fiscale, hors immeubles situés en Afrique du Sud. Si vous étiez résident selon le critère de la présence physique, la résidence prend fin après une période continue d’au moins 330 jours entiers hors du pays. SARS délivre aussi une attestation de conformité fiscale pour les transferts internationaux, qui concerne les résidents envoyant des fonds à l’étranger et les personnes qui ont cessé d’être résidentes. Voir SARS, fin de la résidence fiscale.

Pour le Maroc, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, l’Égypte, le Nigeria, le Kenya, Maurice et les autres pays, vérifiez avec un conseiller local les règles de votre banque centrale et les règles de sortie de votre administration fiscale.

Étape 2 : constituer le dossier sur l’origine des fonds

Les banques suisses doivent vous identifier, déterminer qui est l’ayant droit économique des avoirs et comprendre l’objet de la relation. L’étendue des informations qu’elles recueillent dépend du risque. Elles doivent aussi clarifier l’arrière-plan de tout ce qui paraît inhabituel ou présente un risque accru. Si vous exercez ou avez exercé une fonction publique dirigeante à l’étranger, ou si vous êtes proche d’une telle personne, la relation est toujours considérée comme présentant un risque accru.

En pratique, réunissez les pièces qui montrent comment le patrimoine s’est constitué : contrats de vente et d’achat, comptes de sociétés révisés, relevés de dividendes, déclarations fiscales, actes de succession ou de donation. Ce même dossier sert au canton, qui met en balance l’intérêt fiscal avec les intérêts généraux et la réputation de la Suisse.

Étape 3 : choisir le canton et régler la situation fiscale

Le forfait fiscal vous impose sur vos dépenses de train de vie dans le monde entier, et non sur votre revenu et votre fortune. La base atteint au moins CHF 435 000 pour l’impôt fédéral en 2026, au moins 7 fois le loyer ou la valeur locative de votre logement, et au moins le minimum propre au canton. Il n’est pas disponible à Zurich, à Schaffhouse, en Appenzell Rhodes-Extérieures ni à Bâle-Ville.

Par la voie de l’intérêt fiscal, rares sont les cantons qui publient leurs attentes. Genève indique une base de dépenses de CHF 750 000 pour les ressortissants de pays tiers. Vaud demande, dans le dossier de permis, un accord de forfait signé avec son administration fiscale. C’est pourquoi le ruling fiscal avant le départ précède la demande de permis, et non l’inverse.

La langue fait partie du choix. Genève et Vaud sont francophones ; Zoug, Schwytz et Lucerne sont germanophones. Nos pages cantons permettent de les comparer.

Étape 4 : demander le permis et le visa depuis l’étranger

Un séjour de plus de 90 jours exige une autorisation de séjour, qui se demande en principe avant l’entrée en Suisse. Vous déposez une demande de visa national (catégorie D) auprès de la représentation suisse compétente pour votre lieu de résidence. Celle-ci transmet le dossier à l’office cantonal des migrations. Si le canton entend donner une suite favorable, il soumet le cas au SEM, qui peut approuver, refuser ou poser des conditions.

Aucun délai officiel de traitement n’est publié : prévoyez donc une marge pour la rentrée scolaire et les dates de bail.

Étape 5 : arriver et s’annoncer

Une fois le visa délivré, vous voyagez, emménagez et vous annoncez à la commune dans les 14 jours suivant l’entrée. Chaque membre de la famille conclut une assurance maladie de base suisse dans les 3 mois qui suivent l’annonce. Notre check-list des 90 premiers jours énumère le reste.

Étape 6 : faire venir la famille et voir plus loin

Le conjoint et les enfants célibataires de moins de 18 ans du titulaire d’un permis B peuvent obtenir un permis si la famille vit ensemble, dispose d’un logement approprié et ne dépend pas de l’aide sociale. La demande doit être déposée dans les 5 ans, et dans les 12 mois pour les enfants de plus de 12 ans. Le délai court dès l’octroi de votre permis.

Le permis d’établissement (C) est en règle générale accessible après 10 ans, dont les 5 derniers sans interruption avec un permis B, ou après 5 ans pour les personnes bien intégrées qui s’expriment bien dans la langue locale.

Faut-il un visa pour entrer en Suisse ?

Cela dépend de votre nationalité. Le tableau ci-dessous reprend la liste du SEM du 3 avril 2026 pour les passeports ordinaires ; consultez la liste du SEM selon la nationalité avant de voyager, car elle est mise à jour.

NationalitéSéjour jusqu’à 90 joursSéjour de plus de 90 jours
MarocVisa requisVisa requis
Côte d’IvoireVisa requisVisa requis
SénégalVisa requisVisa requis
ÉgypteVisa requisVisa requis
Afrique du SudVisa requisVisa requis
NigeriaVisa requisVisa requis
KenyaVisa requisVisa requis
MauricePas de visaVisa requis

Si vous détenez déjà un titre de séjour valable ou un visa de long séjour délivré par un autre État Schengen, vous êtes dispensé du visa de court séjour.

La Suisse a-t-elle une convention fiscale avec votre pays ?

Une convention contre les doubles impositions détermine quel pays peut imposer chaque type de revenu. Le tableau indique ce que la liste officielle du SFI mentionne au 1er janvier 2026. Il dit seulement si une convention existe. Ce qu’elle implique pour vos dividendes, vos rentes ou vos revenus immobiliers doit être examiné au cas par cas.

PaysConvention sur la liste du SFIRemarque
MarocOui, signée en 1993
Côte d’IvoireOui, signée en 1987
AlgérieOui, signée en 2006
TunisieOui, signée en 1994
ÉgypteOui, signée en 1987
Afrique du SudOui, signée en 2007Un protocole de modification a été paraphé
GhanaOui, signée en 2008
ÉthiopieOui, signée en 2021En vigueur depuis 2023
ZambieOui, signée en 2017
SénégalNonFigure parmi les pays en négociation
NigeriaNonFigure parmi les pays en négociation
KenyaNonRevenus des compagnies aériennes uniquement ; figure parmi les pays en négociation
MauriceNon

Deux remarques pour les contribuables au forfait. Aucune de ces conventions ne fait partie de celles qui imposent le forfait modifié. Et si vous demandez les avantages d’une convention sur des revenus étrangers, vous devez les déclarer, et ils entrent dans le calcul de contrôle qui fixe un plancher à votre base.

Sans convention, chaque pays applique son propre droit. La situation reste gérable, mais elle doit être modélisée avant le ruling.

Les pièces à préparer

PourPièces habituelles
Canton et SEMPasseports, actes d’état civil, preuve des moyens financiers, engagement écrit concernant l’activité lucrative, bail ou documents d’achat
Ruling fiscalBudget de train de vie, loyer ou valeur du bien prévus, aperçu des sources de revenus par pays
Voie de l’activité indépendantePlan d’affaires, preuves de financement, documents de constitution de la société
BanqueDossier sur l’origine des fonds de l’étape 2

Chaque canton a ses propres formulaires : prenez cette liste comme un point de départ. Demandez tôt au canton si les documents étrangers doivent être traduits ou légalisés.

Écueils fréquents

  • Voyager d’abord, demander ensuite. Le permis se demande depuis l’étranger.
  • Mélanger les voies. Travailler en Suisse exclut le forfait, et la voie du rentier exclut toute activité, où que ce soit.
  • Supposer qu’une convention existe. Le Nigeria, le Kenya, le Sénégal et Maurice n’en ont pas avec la Suisse sur la liste actuelle.
  • Sous-estimer le dossier bancaire. Des pièces manquantes sur l’origine de la fortune retardent tout le reste.
  • Laisser passer les 12 mois pour les enfants plus âgés. Déposez si possible la demande pour toute la famille en même temps.

Comment nous vous aidons

Nous faisons le point sur votre situation dans votre pays avec vos conseillers, vous aidons à choisir un canton, préparons ensemble le ruling et le dossier de permis, et restons à vos côtés jusqu’à l’arrivée, l’école et les assurances. Commencez par notre court test d’éligibilité.

Ce guide constitue une information générale à jour au 1er octobre 2026 et ne remplace pas un conseil fiscal ou juridique ; votre situation nécessite un ruling cantonal et un conseil spécifique, y compris dans votre pays d’origine.

Sources officielles

  1. SEM — Prescriptions en matière de documents de voyage et de visas selon la nationalité (version du 3 avril 2026)
  2. SEM — FAQ sur l’entrée (visa de catégorie D, procédure)
  3. SFI — Conventions contre les doubles impositions (liste, état au 1er janvier 2026)
  4. SEM — Directives LEI (état au 15 juin 2026)
  5. SEM — Directives LEI, chapitre 4 (activité lucrative, activité indépendante)
  6. Fedlex — art. 19 LEI (activité indépendante)
  7. Fedlex — OA-DFJP (approbation du SEM)
  8. Fedlex — art. 34 LEI (permis C)
  9. Fedlex — art. 44 LEI (regroupement familial)
  10. Fedlex — art. 47 LEI (délais du regroupement familial)
  11. Canton de Genève — Calcul des impôts pour les ressortissants de pays tiers
  12. Canton de Vaud — Séjour en raison d’intérêts publics majeurs
  13. Fedlex — art. 14 LIFD (imposition d’après la dépense)
  14. AFC — Circulaire no 44 (imposition d’après la dépense)
  15. Fedlex — loi sur le blanchiment d’argent (LBA), art. 3, 4 et 6
  16. SARS — Fin de la résidence fiscale (Afrique du Sud)
  17. SARS — Statut de conformité fiscale (Afrique du Sud)
  18. Fedlex — art. 7 OAMal (délai d’affiliation à l’assurance maladie)

Questions fréquentes

Comment une famille africaine peut-elle s’installer en Suisse sans y travailler ?

Les ressortissants hors UE qui ne travailleront pas en Suisse demandent en général soit un permis fondé sur un intérêt fiscal cantonal important, souvent combiné au forfait fiscal, soit, dès l’âge de 55 ans et avec des attaches particulières avec la Suisse, un permis pour rentiers. Le canton décide et l’approbation du SEM est obligatoire.

Puis-je m’installer en Suisse en créant une société ?

Créer une société ne donne aucun droit de séjour. Un fondateur hors UE dépose sa demande selon les règles sur l’activité indépendante de l’art. 19 LEI, qui portent sur l’intérêt économique de la Suisse, le financement et un plan d’affaires crédible. Un premier permis est limité à 2 ans au plus.

Quels pays africains ont une convention fiscale avec la Suisse ?

La liste officielle du SFI (état au 1er janvier 2026) mentionne des conventions contre les doubles impositions avec l’Algérie, la Côte d’Ivoire, l’Égypte, l’Éthiopie, le Ghana, le Maroc, l’Afrique du Sud, la Tunisie et la Zambie. Elle n’en mentionne pas avec le Nigeria, le Kenya, le Sénégal ni Maurice. Chaque convention doit être lue pour vos propres revenus.

Les ressortissants sud-africains, nigérians ou kényans ont-ils besoin d’un visa pour la Suisse ?

Oui. D’après la liste du SEM du 3 avril 2026, les ressortissants d’Afrique du Sud, du Nigeria et du Kenya ont besoin d’un visa pour les séjours jusqu’à 90 jours comme pour les séjours plus longs. Un séjour de plus de 90 jours exige en outre une autorisation de séjour, à demander avant l’entrée en Suisse.

Que demandera une banque suisse sur l’origine de ma fortune ?

Les banques suisses doivent vous identifier, identifier l’ayant droit économique des avoirs et comprendre l’objet de la relation. L’étendue des informations dépend du risque. Attendez-vous à documenter la constitution de votre patrimoine, contrats, comptes et déclarations fiscales à l’appui.

Quand ma famille peut-elle me rejoindre ?

Le conjoint et les enfants célibataires de moins de 18 ans du titulaire d’un permis B peuvent obtenir un permis si la famille vit ensemble dans un logement approprié et subvient à ses besoins. La demande doit être déposée dans les 5 ans, et dans les 12 mois pour les enfants de plus de 12 ans.

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