Aller au contenu

S’installer en Suisse depuis Dubaï et le Golfe (2026)

Quitter Dubaï ou le Golfe pour la Suisse : permis sans activité lucrative, forfait fiscal suisse et installation pratique, avec sources officielles.

Lugano se reflétant dans le lac à l’heure dorée
Lugano, Tessin

Les familles établies aux Émirats arabes unis et dans le reste du Golfe peuvent s’installer en Suisse sans y travailler, le plus souvent grâce à un permis accordé sur appréciation aux rentiers ou aux personnes qui représentent des intérêts fiscaux importants pour un canton. Comme le permis et l’arrangement fiscal se négocient ensemble, mieux vaut préparer le départ comme un seul projet, bien avant de réserver le déménageur.

L’essentiel (état en septembre 2026)

  • C’est la nationalité qui détermine la voie : les ressortissants d’États tiers relèvent de la LEI ; les ressortissants UE/AELE vivant dans le Golfe, de la libre circulation.
  • Voies sans activité lucrative pour les États tiers : rentiers (art. 28 LEI, dès 55 ans, liens particuliers) ou intérêts fiscaux importants (art. 30 al. 1 let. b LEI, art. 32 OASA).
  • L’approbation du SEM est obligatoire dans les deux cas ; le canton dispose d’une large marge d’appréciation.
  • Genève publie un seuil indicatif de CHF 750 000 pour les intérêts fiscaux (base de dépense pour les ressortissants d’États tiers).
  • Forfait fiscal suisse : base minimale fédérale de CHF 435 000 pour 2026.
  • Être propriétaire en Suisse ne donne aucun droit à un permis de séjour.

Pourquoi les résidents du Golfe regardent vers la Suisse

Les Émirats arabes unis ne prélèvent pas d’impôt sur le revenu des personnes physiques : s’installer en Suisse n’a donc que rarement pour but de payer moins d’impôts. Il s’agit plutôt de famille, de scolarité, de sécurité, de saisons et de proximité avec les réseaux professionnels et familiaux européens. Le système cantonal permet de choisir entre régions francophone, germanophone et italophone, entre villes et stations de montagne, avec des règles fiscales publiées et prévisibles.

La voie du permis pour les ressortissants d’États tiers

Les ressortissants du Golfe, comme la plupart des expatriés asiatiques, américains ou britanniques qui y vivent, déposent leur demande en tant que ressortissants d’États tiers. Deux voies principales s’offrent à vous si vous n’avez pas l’intention de travailler en Suisse.

Voie des rentiersVoie des intérêts fiscaux
Base légaleart. 28 LEI, art. 25 OASAart. 30 al. 1 let. b LEI, art. 32 OASA
Âge55 ans ou plusAucune condition d’âge
LiensLiens personnels particuliers avec la Suisse (un bien immobilier ou des liens d’affaires ne suffisent pas)Le centre de vie doit être transféré en Suisse, où vous passez la majeure partie de votre temps
TravailAucun, ni en Suisse ni à l’étranger (gestion de sa propre fortune admise)Uniquement à l’étranger, plus la gestion de sa propre fortune
DécisionCanton, puis SEMCanton, puis SEM

Pour la voie des intérêts fiscaux, le canton met en balance l’impôt que vous paierez avec les intérêts et la réputation de la Suisse. Genève publie un seuil indicatif de CHF 750 000 comme base de dépense pour les ressortissants d’États tiers. Vaud demande, dans le dossier de permis, un accord de forfait signé avec son administration fiscale. La plupart des autres cantons ne publient aucun chiffre.

La Suisse n’accorde pas de résidence en échange d’un investissement ou d’un achat immobilier. Notre guide la Suisse a-t-elle un golden visa ? explique ce qui existe à la place, et le guide sur la résidence des ressortissants d’États tiers financièrement indépendants détaille les deux voies.

Les ressortissants UE/AELE vivant dans le Golfe passent, eux, par la libre circulation : moyens financiers suffisants, couverture maladie et accidents complète, pas de contingent.

L’articulation fiscale

En provenance d’un pays sans impôt sur le revenu

Les Émirats arabes unis ne prélevant pas d’impôt sur le revenu des personnes physiques, les questions liées au départ portent surtout sur votre entreprise, vos autres nationalités et vos résidences antérieures. Côté entreprise, l’impôt émirien sur les sociétés de 9 % au-delà de AED 375 000 s’applique aux sociétés, et les personnes physiques dont le chiffre d’affaires dépasse AED 1 million y sont également soumises. Si vous conservez une activité dans le Golfe après votre départ, sa gestion et votre rôle doivent être examinés avec soin, car travailler en Suisse exclut le forfait.

Si vous avez une autre nationalité ou avez résidé ailleurs auparavant (par exemple au Royaume-Uni ou aux États-Unis), les règles de ce pays peuvent encore vous concerner. Nous nous coordonnons avec les conseillers sur place.

Les options en Suisse

La voie des intérêts fiscaux est étroitement liée à l’imposition d’après la dépense (forfait fiscal) : Genève exprime son seuil sous forme de base de dépense, et Vaud exige l’accord de forfait signé dans le dossier de permis. Le forfait vous impose sur vos dépenses de train de vie mondiales plutôt que sur votre revenu et votre fortune. La base minimale fédérale est de CHF 435 000 pour 2026 ; chaque canton fixe son propre minimum, et la base doit aussi atteindre au moins sept fois le loyer annuel ou la valeur locative de votre logement. Les deux conjoints doivent remplir les conditions, et aucun ne peut exercer d’activité lucrative en Suisse. Le montant est convenu avec le canton avant ou à l’arrivée. Notre guide s’installer en Suisse depuis les Émirats et le Golfe présente les étapes dans l’ordre.

Conseils pratiques pour l’installation

  • Annonce : annoncez-vous auprès de votre commune dans les 14 jours suivant l’entrée en Suisse.
  • Assurance maladie : l’assurance maladie obligatoire (LAMal) doit être conclue dans les 3 mois suivant l’annonce.
  • Famille : le conjoint et les enfants célibataires de moins de 18 ans peuvent rejoindre un titulaire de permis B, sous réserve du logement et de l’autonomie financière. Le conjoint doit justifier de connaissances de la langue locale ou être inscrit à un cours.
  • Voitures : les véhicules utilisés depuis au moins 6 mois peuvent être importés en franchise comme effets de déménagement et sont exonérés de l’impôt de 4 % sur les véhicules automobiles.
  • Écoles : les admissions et les places disponibles varient selon l’école et la région ; voir notre guide des écoles internationales.
  • Immobilier : un titulaire de permis B d’État tiers peut acheter une résidence principale au lieu de son domicile effectif en Suisse sans autorisation Lex Koller ; les résidences secondaires restent soumises à l’autorisation et aux contingents de la Lex Koller. Un projet de réforme de 2026 modifierait cette règle ; il s’agit d’un projet, pas du droit en vigueur.

Les pièges fréquents

  • S’attendre à un visa à prix fixe. Les deux voies relèvent de l’appréciation des autorités, et le SEM a le dernier mot.
  • Acheter un bien pour « garantir » sa résidence. Cela ne donne aucun droit à un permis et ne constitue pas un lien particulier.
  • Sous-estimer le temps passé en Suisse. La voie des intérêts fiscaux exige que votre centre de vie soit ici.
  • Garder un rôle opérationnel dans une entreprise du Golfe depuis la Suisse. Un travail effectué ici, même rémunéré à l’étranger, exclut le forfait.

Notre accompagnement

Nous vous aidons à choisir un canton, à préparer ensemble le ruling fiscal sur le forfait et le dossier de permis, puis à organiser le déménagement concret, des écoles à l’assurance maladie. Commencez par notre court test d’éligibilité.

Cette page est une information générale, à jour au 30 septembre 2026. Elle ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique ; votre situation nécessite un ruling et des conseils personnalisés.

Sources officielles

  1. SEM — Directives LEI (domaine des étrangers), état au 15 juin 2026
  2. Fedlex — Ordonnance du DFJP relative à la procédure d’approbation (SEM)
  3. République et canton de Genève — Calcul fiscal suisse pour les ressortissants d’États tiers (PDF)
  4. Canton de Vaud — Séjour en raison d’intérêts publics majeurs
  5. Fedlex — art. 14 LIFD (imposition d’après la dépense)
  6. AFC — Circulaire 44 (imposition d’après la dépense)
  7. AFC — Indexation 2026 (CHF 435 000)
  8. Portail du gouvernement des Émirats arabes unis — Impôt sur les sociétés
  9. Autorité fiscale fédérale des Émirats — Impôt sur les sociétés pour les personnes physiques
  10. Fedlex — art. 44 LEI (regroupement familial)
  11. OFJ — Acquisition d’immeubles par des personnes à l’étranger
  12. admin.ch — Consultation sur la Lex Koller, 15 avril 2026
  13. Fedlex — art. 7 OAMal (délai d’affiliation à l’assurance maladie)
  14. OFDF — Effets de déménagement
  15. OFDF — Impôt sur les véhicules automobiles

Questions fréquentes

Puis-je m’installer en Suisse depuis Dubaï sans y travailler ?

Oui, si le canton et le Secrétariat d’État aux migrations (SEM) donnent leur accord. Les ressortissants d’États tiers, y compris les ressortissants du Golfe et la plupart des expatriés qui y vivent, passent en général par la voie des rentiers (dès 55 ans, avec des liens particuliers avec la Suisse) ou par le permis fondé sur des intérêts fiscaux importants du canton. Les deux voies relèvent du pouvoir d’appréciation des autorités.

La Suisse a-t-elle un golden visa pour les investisseurs du Golfe ?

Aucun permis n’est accordé en échange d’un investissement ou de l’achat d’un bien immobilier. Être propriétaire en Suisse ne donne aucun droit à un permis de séjour, et un don important ne suffit pas, à lui seul, à constituer un intérêt culturel. La voie des intérêts fiscaux est ce qui s’en rapproche le plus, et elle dépend de l’impôt que vous paierez dans le canton.

J’ai une nationalité européenne mais je vis à Dubaï. Quelles règles s’appliquent ?

C’est votre nationalité qui détermine la voie du permis, pas votre lieu de vie actuel. Les ressortissants UE/AELE relèvent de la libre circulation ; les Britanniques et les autres ressortissants d’États tiers, des voies prévues par la LEI. La résidence fiscale et les règles de départ dépendent en revanche de votre lieu de vie et de votre parcours personnel.

Ma famille peut-elle me rejoindre en Suisse ?

Le conjoint et les enfants célibataires de moins de 18 ans d’un titulaire de permis B peuvent obtenir un permis si la famille vit ensemble, dispose d’un logement approprié et ne dépend ni de l’aide sociale ni des prestations complémentaires. Le conjoint doit connaître la langue locale, mais une inscription à un cours de langue suffit dans un premier temps.

Puis-je acheter un logement en Suisse avec un permis B d’État tiers ?

Oui, une résidence principale au lieu de votre domicile effectif en Suisse ne nécessite pas d’autorisation Lex Koller. Les résidences secondaires et les biens de placement sont soumis à restrictions. Un projet de réforme de 2026 obligerait les ressortissants d’États tiers à obtenir une autorisation même pour une résidence principale ; ce n’est pas encore le droit en vigueur.

Prêts à parler de votre projet ?

Parlez-nous un peu de vos projets. Nous vous répondons personnellement, en général dans un délai d’un jour ouvrable.